La construction est-elle prête pour L’Industrie 4.0 ?

Andy Hastie, chef du marketing, Invennt discute des résultats de leur table ronde conjointe avec l’ICE qui a posé la question suivante aux chefs de file de l’industrie : la construction est-elle prête pour l’industrie 4.0 ?

Industrie 4.0 est un terme générique pour une gamme de technologies émergentes, y compris les grandes données, l’informatique en nuage, l’intelligence artificielle, l’IdO et les capteurs qui, selon certains analystes, pourraient amorcer une quatrième révolution industrielle. Le nouvel ingénieur civil a estimé que les gains pour la construction pourraient valoir 25 milliards de livres supplémentaires par an.


Incidence de l’industrie 4,0

L’avènement de cette nouvelle technologie a changé en permanence le mode de fonctionnement des entreprises de construction et l’évolution de la demande du marché oblige l’industrie à devenir plus branchée, dynamique et axée sur le client.

Nous reconnaissons que pour prospérer dans ce nouveau paysage, les organisations de génie civil et de construction doivent développer de nouveaux modèles économiques qui tirent parti de ces opportunités et minimisent les risques, mais jusqu’ici, l’industrie a été lente à réagir.

Il est important de se rappeler que même si la technologie et les données sont des éléments habilitants importants pour des modèles d’affaires réussis qui stimulent l’innovation et créent de la valeur, elles ne constituent pas la réponse en soi.

C’est pourquoi nous voulons savoir comment les modèles économiques évoluent face à ces pressions.


Table ronde sur l’industrie 4.0

En partenariat avec Invennt, l’ICE a organisé une table ronde le 29 octobre 2019 pour répondre à la question : la construction est-elle prête pour l’industrie 4.0 ?

Principaux enseignements tirés de la discussion :

  • L’adoption de nouvelles technologies n’est qu’une pièce du puzzle. L’industrie doit tirer parti de la technologie pour créer de nouveaux modèles d’affaires qui permettent de relever les défis opérationnels et de répondre aux nouveaux besoins du marché.
  • Il faut comprendre la valeur de la technologie plutôt que de se concentrer sur les coûts. L’industrie doit s’éloigner du court terme et d’une méthode de travail transactionnelle. De nombreux appels d’offres ne contiennent actuellement aucune exigence ou opportunité pour une approche numérisée de la livraison des travaux de construction, les principales priorités étant le coût et le temps, ce qui déclenche une course vers le bas parmi les entrepreneurs principaux qui se répercute sur la chaîne logistique.
  • Il faut considérer les données comme un atout, les utiliser pour éclairer la prise de décision et faciliter l’amélioration continue. Généralement, lorsqu’un projet est terminé, il y a beaucoup de données, mais aucune analyse pour aider à déterminer comment les processus pourraient être améliorés et quelles leçons on peut en tirer. Il faut être en mesure de stocker, de transférer et de communiquer les données plus efficacement entre les projets et de les utiliser pour améliorer les opérations plutôt que simplement comme preuve dans le règlement des différends.
  • Actuellement, les organisations ne sont pas incitées à mettre en place des systèmes efficaces. Il n’y a pas d’incitation à tirer des leçons et à examiner les paramètres de mesure.
  • Les compétences et les capacités au sein des organisations ont été perdues parce qu’elles recherchent le coût le plus bas ; certaines organisations de l’industrie (par exemple, les sociétés de conseil) sont rémunérées en fonction des heures travaillées. Cela n’incite pas à travailler de manière plus intelligente, car cela se traduit par moins d’heures facturables et moins de revenus. Pour y remédier, il faut mettre en œuvre des contrats fondés sur la valeur pour le client.
  • Le partage de l’information accuse du retard par rapport aux autres industries : les réussites sont partagées pour remporter des appels d’offres, mais pas pour partager les meilleures pratiques et maintenir un avantage concurrentiel. La fragmentation des organisations (d’un projet à l’autre) rend suffisamment difficile la diffusion de l’information et des connaissances au sein d’une même entreprise, et encore moins dans l’ensemble du secteur. Il y a aussi une réticence à donner ce qui pourrait être considéré comme des avantages stratégiques, même si le résultat est une industrie plus capable dans son ensemble.
  • La collaboration a été difficile en raison de la nature concurrentielle de l’industrie de la construction et il a été prouvé que les alliances et les relations à long terme permettent une meilleure collaboration. À moins que l’industrie n’adopte cette façon de travailler, il est probable que nous resterons coincés dans un environnement concurrentiel qui continue de rechercher les coûts les plus bas sans que l’innovation ne soit au cœur de ce que nous faisons. Les organisations s’efforcent de protéger leurs faibles marges sur les forfaits individuels en raison de la nature transactionnelle de l’administration des contrats, plutôt que d’être engagées pour obtenir des résultats à long terme.